Paris-Venise, de Florent Oiseau

paris venise

Sortie 11 Janvier 2018

Et bien ce fut une bonne surprise que ce livre, choisi d’après le résumé car j’espérais y retrouver la très intéressante discussion qu’on avait eue avec un couchettiste, en allant à Venise par le train-couchette « Paris-Venise » (un grand moment !)

Résumé de l’éditeur :

Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d’Europe. Un signe. Lui non plus n’est pas très en avance dans sa vie. À presque trente ans, décrocher ce poste de couchettiste ressemble à une consécration… Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence une fois les passagers endormis : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.

« – C’est Milan ?
Pris de court, Demba a regardé par la fenêtre et s’est contenté de lire ce qu’il avait aperçu sur un panneau à fond bleu.
– Non, monsieur, bientôt, pour le moment nous sommes à Sottopassaggio, dans la banlieue proche.
– Oui, c’est vraiment très proche, j’ai ajouté, pour avoir l’air d’un mec dont ce n’était pas le premier jour, ou qui, du moins, connaissait sur le bout de ses doigts la province lombarde.
Le type s’est fendu d’un rire discret et nous a expliqué avec un brin de condescendance que « sottopassaggio » voulait dire « passage souterrain », mais que le grand panneau « Milano Centrale » qu’on pouvait désormais apercevoir devait vouloir signifier que nous étions bien à Milan.
Demba a répondu que c’était une vanne, le passager s’est senti con et s’est avancé vers l’autre porte, au bout du couloir. 

– Bonne vanne, j’ai vraiment cru que c’était un nom de ville.
– Pareil. »

Impressions :

Pour les impatients, un livre qui se lit vite, avec un héros très attachant, plein d’humilité et ne manquant pas d’humour. Le ton est très réaliste (on sent que l’auteur connait son sujet), un peu cynique mais plutôt ironique, souvent drôle, parfois émouvant. L’auteur sait jouer avec les mots.
Outre les tranches de vie de l équipe d’un train de nuit, leurs désillusions, leur débrouillardise, leurs joies aussi, on a droit à des révélations stupéfiantes (contrat ne prenant pas en compte les heures de nuit, le peu de personnel, l’hygiène, etc…) dont nous avait également gratifié le très sympathique couchettiste avec lequel nous avions discuté (faute de pouvoir dormir !) lors de notre voyage mémorable en train-couchettes Paris-Venise.

Le personnage principal de ce roman est attachant, empathique, campé de manière réaliste. Et à travers les mots de l’auteur, il a un humour qui m’a souvent attendrie et amusée, et une certaine réflexion intéressante sur le(s) parcours d’une certaine génération qui a grandi avec le spectre du chômage. Chacun de nous peut se dire « ah ben oui, tiens, c’est vrai ça ! » à de nombreux passages du roman. En sus, une petite histoire d’amour naissant, à laquelle on croit facilement.

Même la fin, à laquelle je ne m’attendais pas (ne souhaitais pas ?) est bien amenée, même si elle m’a paru rapide, un peu moins subtile que le reste du roman, mais très cohérente. Et somme toute assez ouverte pour laisser une petite part d’imagination au lecteur.

En bref, un livre que j’offrirai volontiers, sans doute à des voyageurs, (d’autant plus s’ils ont fait Paris Venise en train couchettes ! ), et à ceux qui recherchent de petits romans sans fioriture, réalistes et plein de fraîcheur sur des sujets pas toujours joyeux/faciles.

A propos du (jeune !) auteur :

Florent Oiseau, 27 ans, a été pompiste, chômeur, barman, plongeur, réceptionniste de nuit, ouvrier dans une usine de pain de mie, crêpier, et couchettiste sur le Paris-Venise. Son premier roman, Je vais m’y mettre (Allary Éditions , 2016), a été salué comme l’un des livres les plus drôles de l’année.

Roman lu grâce aux Editions Allary, que je découvre,              et à NetGalley, que je remercie.pro_reader_120

Publicités